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Quelle figure de l’universitaire désormais ?
14/12/2010 18:00 | Durée 02:08:12

Intervenants : Jacques Lemière , Maître de conférences, Professeur agrégé de sciences sociales, Institut de Sociologie et d’Anthropologie, Université Lille 1, Membre du Centre Lillois d’Etudes et de Recherches Sociologiques et Economiques, Clersé .   Plínio W. Prado Jr , Docteur d’État en philosophie, maître de conférences au département de philosophie de l’Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, responsable de la formation master en philosophie. .  

Par « principe d’Université », j’entends le principe d’après lequel l’Université se définit essentiellement comme le lieu de l’exercice inconditionnel, libre et public de la pensée. C’est-à-dire un lieu travaillé constitutivement par l’interrogation, par le libre examen réflexif des discours et des pratiques, en un mot : par la critique. Il s’ensuit que la mission originaire, primordiale de l’Université est de veiller au devenir des humains, en leur procurant les ressources, les moyens et les chances d’élaborer ce qu’ils doivent être. Ce qui rend l’Université irréductible à jamais à tout système ne dispensant que de pures et simples compétences opératoires. Or le capitalisme libéral mondialisé, dans sa phase actuelle appelée « cognitive », se définit par la mobilisation totale des énergies à plein rendement. Dans son programme d’annexion du savoir et de l’Université, il n’a que faire donc du principe d’Université. Mais l’Université, ce sont les universitaires (et non pas les cadres et ministres qui décident en leur nom). Quelle figure de l’universitaire convient-il d’inventer alors pour faire face désormais à l’ « économie de la connaissance » qui se met en place ?