ok
Chimie utile et chimie utilisée au XVIIIe siècle
21/06/2012 17:00 | Durée 01:38:21

Intervenants : Rémi Franckowiak , Université de Lille, laboratoire S2HEP (Sciences, Société, Historicité, Éducation et Pratiques) / Lyon 1 ; Maître de conférences en histoire des sciences et épistémologie, Université Lille 1 .  

« Chimie utile et utilisée au XVIIIe siècle », une histoire de chimistes au service du développement économique du royaume. Jean, né dans les temps troublés de la révocation de l’Édit de Nantes, est issu d’une famille liée à des maisons puissantes qui le destine à une carrière ecclésiastique. Un soir, il découvre dans une vieille malle les papiers chimiques de son grand-père. Une vocation naît. Jean rencontre alors dans un petit café parisien Claude-Joseph, chimiste réputé de l’Académie des sciences avec lequel il va immédiatement lier amitié. Autour d’eux se constitue une joyeuse bande d’amis : François le coureur de jupons, Johann le discret petit apothicaire allemand, Gilles le fils à papa et Henri-Louis l’aristocrate aux mille activités. Désireux de découvrir le monde, Jean part séjourner en Angleterre où il côtoie à la fois des membres de la Royal Society et quelques jeunes anglaises. Ruiné par la faillite du système de Law, il est contraint de rentrer en France et de gagner sa vie comme rédacteur de la Gazette de France. Il n’abandonne pourtant pas sa passion pour la chimie, en particulier les recherches alchimiques, et vit entouré de ses amis qui le font nommer à l’Académie. Honneurs et reconnaissance mais aussi fin de l’insouciance. Décès de François, éloignement des amis, intrigues dans les institutions scientifiques, carrière, commissions, expertises, sollicitations des ministres. Jean a changé. La science qui l’avait attiré a elle-même changé, elle doit être utile et lui aussi. La chimie académique doit désormais composer avec un nombre grandissant de chimistes jusqu’alors exclus de la science, et la barrière symbolique qui séparait chimistes et dilettantes, producteurs et consommateurs de savoirs chimiques devient moins nette. Jean assumera entièrement sa mission. Ce n’est qu’à 65 ans, lorsqu’il n’aura plus rien à prouver sur le plan professionnel qu’il connaîtra enfin l’amour avec Mlle Denis. Cette histoire nous retrace la trajectoire individuelle d’un chimiste, sur fond d’amitiés et de raison d’État, se conformant à l’exigence d’utilité et de subordination aux intérêts d’investisseurs potentiels en quête de compétences scientifiques et techniques mises à disposition par une Académie Royale des Sciences déclinante.