ok
Les classes inversées. De quelles hybridations parlons-nous pour l'éducation de demain ?
10/07/2014 14:00 | Durée 02:21:47

Intervenants : Lebrun Marcel , Docteur en Sciences, est actuellement professeur en technologies de l’éducation et conseiller pédagogique à l’Institut de Pédagogie universitaire et des Multimédias (IPM) de l’UCL (Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve, Belgique) .  

Même si la méthode pédagogique sous-jacente n'est pas nouvelle, le concept des "Flipped Classrooms", les classes inversées, constitue une véritable révolution dans le paysage de la pédagogie actuelle de l'école fondamentale à l'enseignement supérieur. Ce sont en fait des enseignants du secondaire (en chimie) qui ont forgé le concept et la méthode étant confrontés à la passivité voire la démotivation de leurs élèves. Quelques petites vidéos sur YouTube et un débat en classe ? Ce n'est pas si simple ! On peut y voir aussi une sorte de "cheval de Troie" au sein des citadelles du savoir et un fertilisant dans le cadre du développement professionnel des enseignants et des approches par compétences pour l'apprendre à apprendre toute la vie durant dans un monde complexe. Comme toute innovation pédagogique, les classes inversées interrogent l'enseignement traditionnel et proposent des pistes pour l'évolution de ces pratiques héritées d'une époque où le livre était rare et où la distribution des savoirs se faisait exclusivement à "l'école". En effet, elles proposent et stimulent une nouvelle considération des espaces-temps de "l'enseigner-apprendre" en conviant les ressources, les activités, les contextes … hors les murs de l'école (la distance) dans la classe (la présence) en redonnant à cette dernière son potentiel d'activités et d'interactivités : libéré, d'une certaine façon, de la contrainte liée à la transmission, l'enseignant devient davantage gestionnaire de dispositifs et accompagnateur d'apprentissage. A bien y regarder, les statuts des savoirs sont reconsidérés, les rapports entre savoirs et compétences sont mieux équilibrés, les rôles assumés par les partenaires, enseignants et étudiants, sont distribués différemment … C'est à étudier ces rapports subtils entre apprentissages et motivations, entre nécessité de modélisation voire de théorisation et besoin de sens et de contextes, entre savoirs constitués et compétences en développement, entre réussite certificative et petites victoires formatives, entre écoles et sociétés … que s'attèlera notre présentation.