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Définition et évaluation de la richesse : controverses / Table ronde
08/04/2014 15:00 | Durée 02:07:13

Intervenants : Bernard Friot , Professeur émérite à Paris Ouest Nanterre, IDHE (Institutions et dynamiques historiques de l’économie) .   Bernard Perret , Ingénieur et socio-économiste, membre du Conseil Général de l'environnement et du développement durable .   Richard Sobel , Maître de conférences en économie, Université Lille 1 .   Henri Sterdyniak , Directeur du département Économie de la mondialisation de l'Observatoire Français des Conjonctures Économiques, Paris .  

Bernard Friot, Professeur émérite à Paris Ouest Nanterre, IDHE (Institutions et dynamiques historiques de l’économie) Le CNR a-t-il changé le partage ou la production de la valeur économique ? Le programme du CNR, mis en œuvre en 1944-47 avec le statut de la fonction publique, la sécurité sociale, la création d’EDF-GDF et la nationalisation des banques et assurances, n’a pas seulement modifié le partage de la valeur économique. Il a commencé à subvertir ses institutions capitalistes en remplaçant la propriété lucrative par la propriété d’usage, le marché du travail par le salaire à vie, le crédit par la cotisation, le temps de travail par la qualification du producteur. Henri Sterdyniak, Directeur du département Économie de la mondialisation de l'Observatoire Français des Conjonctures Économiques, Paris La croissance nécessaire ? Lafargue, Thorez et nos petits enfants… La pensée marxiste, comme la pensée keynésienne, a soutenu deux thèses contradictoires : d’une part, le travail libère, c’est le creuset même de la classe ouvrière, le moteur de l’histoire, l’évolution de l’humanité suppose le plein développement des forces productives. D’autre part, le travail aliène, le capitalisme crée des faux besoins pour asservir les travailleurs. La fin du capitalisme permettra la fin de la croissance effrénée et inégalitaire, indispensable à sa survie. Après la crise de 2008, le débat s’aggrave : faut-il prôner une forte relance appuyée sur l’innovation et la créativité des entrepreneurs (mais est-elle compatible avec les caractéristiques actuelles du capitalisme financier ? faut-il la payer par une forte hausse de l’instabilité économique des inégalités de revenus ?) ou chercher une autre croissance (mais sous quelles conditions en termes de répartition des revenus et des pouvoirs, selon quels critères de choix en matière de production et de mode de vie) ? Bernard Perret, Ingénieur et socio-économiste, membre du Conseil Général de l'environnement et du développement durable La définition de la richesse n’est pas qu’une question de théorie économique. Elle renvoie aux questions : de ce qui est socialement/politiquement reconnu comme rare, utile et échangeable dans un contexte historique donné et de ce qui peut être explicitement pris en compte pour équilibrer un échange entre deux agents. Dans cette perspective, on ne peut dissocier la réflexion sur les indicateurs de richesse de la crise écologique, des limites rencontrées dans le processus de monétarisation de l’échange social et de l’émergence de nouvelles formes de dé-monétarisation. À des titres divers, ces évolutions imposent de considérer distinctement la rareté et l’utilité, dimensions de la richesse que la valeur économique était censée subsumer. En terme d’action politique, il est pertinent de relier l’élaboration collective des indicateurs de bien-être et la mise en œuvre de mesures axées sur la dé-monétarisation des besoins. Organisé par l’Espace Culture - Université Lille 1 dans le cadre des Rendez-vous d’Archimède, cycle « À propos de l’évaluation » et la Maison européenne des sciences et de la société (MESHS) dans le cadre du Printemps des sciences humaines et sociales, thème « La richesse ».