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Richesse et valeur : retour à la critique de l’économie politique à l’occasion de la crise systémique du capitalisme contemporain
08/04/2014 14:00 | Durée 01:23:54

Intervenants : Martine Benoit , Professeur d’histoire des idées à l’Université Lille 3, directrice de la MESH (Maison européenne des sciences de l’homme et de la société) .   Jean-Philippe Cassar , Professeur des universités, Ancien Vice-président de l'Université Lille 1, chargé de la culture et du patrimoine scientifique, ancien Vice-président chargé de la valorisation du potentiel humain .   Rémy Caveng , maître de conférences en sociologie à l’université de Picardie - Jules Verne .   Jean-Marie Harribey , maître de conférences en économie à l’université Bordeaux 4, coprésident des Économistes atterrés .  

Les contradictions sociales et écologiques du capitalisme au début du XXIe siècle peuvent être analysées comme résultant de la difficulté de plus en plus grande, première contradiction, de faire produire de la valeur à une force de travail trop exploitée pour absorber la totalité des marchandises, et, seconde contradiction, lui en faire produire toujours plus sur une base matérielle en voie d’épuisement ou de dégradation. La crise financière ouverte en 2007 est l’éclatement de l’illusion entretenue pendant les dernières décennies, selon laquelle la finance pouvait se dégager de la contrainte sociale et de la contrainte matérielle évoquées à l’instant et devenir une source endogène et autosuffisante de nouvelle richesse pour poursuivre une accumulation infinie. Or ces deux contraintes sont indépassables. C’est la raison pour laquelle les entreprises multinationales essaient de s’emparer à tout prix des biens communs de l’humanité, les ressources comme les connaissances, tentative qui est devenue le nouvel horizon d’un capitalisme cherchant la sortie de sa crise. Dans cette perspective, deux cibles principales sont visées : la sphère non marchande, considérée comme improductive et parasitaire de la sphère marchande, et la nature qu’il s’agit de plier aux impératifs capitalistes. On montrera ici que la matrice conceptuelle de la critique de l’économie politique, d’Aristote à Marx, distinguant richesse et valeur, valeur d’usage et valeur d’échange, permet de comprendre que le travail effectué dans la sphère non marchande est éminemment productif et que la nature est irréductible à du capital. En particulier, l’idéologie entourant le «capital vert» ou « capital naturel » oscille entre deux formes de fétichisme : ou bien elle considère que la valeur de la nature est d’ordre économique et elle ne peut être intrinsèque, ou bien la valeur de la nature ne relève pas de l’économique et on ne peut pas l’ajouter à la valeur économique. Organisé par l’Espace Culture - Université Lille 1 dans le cadre des Rendez-vous d’Archimède, cycle « À propos de l’évaluation » et la Maison européenne des sciences et de la société (MESHS) dans le cadre du Printemps des sciences humaines et sociales, thème « La richesse ».