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Quelles résistances à l’instrumentalisation ? - Instrumentalisation culture (Table ronde)
04/11/2004 11:00 | Durée 01:00:29

Intervenants : Inès Champey , Critique d’art .   Gaëtane Lamarche-Vadel , Philosophe, critique d’art, professeur à l’Ecole Supérieure Nationale d’Arts de Dijon .   Christian Ruby , Philosophe, enseignant sur le service Audio-sup.net de l’Université de Nanterre-Paris X .   Daniel Vander Gucht , Sociologue, professeur à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) .  

Depuis la Renaissance, on a défini la culture comme un idéal individuel tout en l’utilisant - sur le plan politique - comme un instrument pour obtenir l’adhésion des foules. Ce décalage entre la définition (utopique) et la réalité (sociale) est confirmé par le fait que la très grande majorité des autres cultures (anciennes ou contemporaines, petites ou grandes) sont non individualisantes et qu’elles ont avant tout une fonction politico-religieuse, celle de garantir le sentiment d’appartenance et la cohésion communautaire au travers de symboles, de mythes et de rites qui leur sont spécifiques. Si l’on remet en question la définition classique de la culture en tant que projet individuel, celui de « l’homme cultivé », on s’aperçoit qu’on assiste en réalité non à une instrumentalisation de la culture, mais à un retour banal vers ce qui n’a jamais cessé d’exister : la culture en tant que mode d’expression d’un collectif a pour fonction première de mettre les individus au service de ce dernier et non l’inverse. La culture ne serait donc pas instrumentalisée, mais instrumentalisante. D’où une question essentielle, quoique apparemment paradoxale : comment éviter de devenir l’esclave de sa propre culture ?